Napoléon III tête nue ou tête laurée : comment les reconnaître

Trois pièces d'or de Napoléon III, un 100 francs et deux 50 francs tête nue et tête laurée, avec un 5 francs

Publié le 9 septembre 2026 par Gold Reserve

Sur une pièce d’or française du Second Empire, l’empereur apparaît sous deux visages. Le premier le montre nu-tête, le profil dégagé, sans ornement. Le second le ceint d’une couronne de laurier, à la manière des empereurs romains. Les deux portraits coexistent dans les catalogues, souvent sur la même dénomination, et c’est la première chose qu’un acheteur cherche à identifier quand il a une pièce en main ou qu’il hésite entre deux annonces.

La réponse courte tient en une phrase. La tête nue vient d’abord, la tête laurée ensuite, et entre les deux il y a une année qui n’a produit aucune pièce de circulation.

Napoléon Ier ou Napoléon III ?

Napoléon Ier pour les 40 francs du Premier Empire, Napoléon III pour les 5, 50 et 100 francs du Second Empire.

Avant de regarder le portrait, il faut savoir de quel empereur on parle, parce que la même paire existe deux fois à cinquante ans d’écart. Napoléon Ier apparaît tête nue puis tête laurée sur les 40 francs du Premier Empire, la couronne arrivant en 1807. Napoléon III reprend exactement la même progression sur les 5, 50 et 100 francs du Second Empire, la couronne arrivant cette fois en 1862.

Cette symétrie n’est pas un hasard de graveur, c’est une citation. En passant de la tête nue à la tête laurée, le neveu refait le geste de l’oncle, qui lui-même citait Rome. Concrètement, pour qui identifie une pièce, cela veut dire qu’un portrait lauré ne suffit pas à nommer le règne : il faut lire la légende et la dénomination.

Quand la tête laurée apparaît-elle ?

Pour l’or de Napoléon III, la bascule est nette et datée. Le 5 francs est frappé tête nue de 1854 à 1860, puis tête laurée de 1862 à 1869. Le 50 francs suit la même logique, tête nue de 1855 à 1860 puis tête laurée de 1862 à 1868. Le 100 francs est frappé tête nue de 1855 à 1859, sans millésime 1860, puis tête laurée de 1862 à 1870.

Le détail qui aide vraiment est ce trou de deux ans. Aucune de ces trois dénominations ne connaît de frappe courante datée 1861. C’est utile à savoir quand on lit une annonce, et la règle vaut pour l’or seulement : le 5 francs en argent, lui, passe à la tête laurée dès 1861.

Existe-t-il des pièces datées 1861 ?

Elles existent, mais ce ne sont pas des pièces de circulation. Ce sont des essais, c’est-à-dire des frappes de test réalisées avant l’adoption du type, et le catalogue en recense pour le 100 francs comme pour le 20 francs, tous deux gravés par Barre et portant en légende la mention de l’année 1861. Ces essais sont d’une rareté extrême.

Le 50 francs fait exception et c’est une exception utile : il n’existe pas d’essai daté 1861 pour cette dénomination. Le seul essai de 50 francs au catalogue porte la légende ESSAI 1854, il est en or plaqué sur étain et mesure 28 millimètres.

L’année 1862 est plus intéressante encore, parce qu’elle porte les deux à la fois : des essais et les premières frappes courantes, la mise en circulation du 100 francs à la tête laurée intervenant cette année-là.

Conséquence pratique pour un acheteur. Devant un 100 francs or daté 1861 présenté comme une pièce ordinaire, la probabilité qu’il s’agisse d’un essai authentique est infime, et le catalogue référence par ailleurs une reproduction portant précisément ce millésime. Un millésime 1861 sur une pièce d’aspect courant doit donc faire examiner la pièce, pas conclure à la rareté.

La série s’arrête avec l’Empire, mais les dénominations, elles, continuent. Le 100 francs reparaît sous la Troisième République avec le 100 francs Génie, frappé à partir de 1878 au même poids brut et au même titre, et le 20 francs prend le visage du Coq à partir de 1898. Une pièce d’or française de 100 francs postérieure à 1870 n’est donc jamais un Napoléon.

Comment reconnaître l’effigie quand le portrait est usé ?

Par la tranche et par le revers, deux marques qui ne dépendent pas de l’état du portrait.

Une pièce usée, une photo médiocre, un profil de trois quarts, et la couronne devient discutable. Deux autres marques permettent alors de conclure.

La tranche d’abord. Sur le 50 francs, la tête nue porte une tranche lisse sans aucune inscription, alors que la tête laurée porte une tranche en relief. C’est le critère le plus rapide, il se lit sans loupe et il ne dépend pas de l’état du portrait.

Le revers ensuite. Sur les 50 et 100 francs tête laurée, l’écu est orné d’un aigle posé sur un faisceau, entouré du collier de la Légion d’honneur. Ce revers appartient à la période laurée et il n’y a plus d’ambiguïté possible une fois qu’on l’a vu une fois.

Reste le diamètre, mais il ne sert que sur le 5 francs, et c’est le cas le plus retors du lot. La tête nue existe en deux modules, un petit de 14,4 millimètres frappé en 1854 et 1855, et un grand de 16,7 millimètres frappé de 1855 à 1860. La tête laurée, elle, mesure 17 millimètres. Autrement dit un 5 francs de 14,4 millimètres est nécessairement tête nue, tandis qu’un module large demande de regarder le portrait.

Le poids et le titre changent-ils entre les deux ?

Non, et c’est le point qui compte pour qui achète de l’or plutôt qu’une pièce de collection. À dénomination égale, les deux effigies ont exactement le même poids brut et exactement le même titre. Le 5 francs pèse 1,61 gramme au titre de 900 millièmes dans les deux cas, le 50 francs 16,13 grammes, le 100 francs 32,26 grammes, toujours au titre de 900 millièmes.

La différence entre une tête nue et une tête laurée n’est donc pas une différence de contenu métallique. C’est une différence de type, de rareté relative et de goût. Un acheteur qui vise le métal peut prendre l’une ou l’autre sans y réfléchir. Un acheteur qui vise la pièce, lui, choisira selon les millésimes disponibles et selon l’atelier.

Pièce Poids brut Titre Diamètre Millésimes
5 francs tête nue, petit module 1,61 g 900 ‰ 14,4 mm 1854, 1855
5 francs tête nue, grand module 1,61 g 900 ‰ 16,7 mm 1855-1860
5 francs tête laurée 1,61 g 900 ‰ 17 mm 1862-1869
50 francs tête nue 16,13 g 900 ‰ 28 mm 1855-1860
50 francs tête laurée 16,13 g 900 ‰ 28 mm 1862-1868
100 francs tête nue 32,26 g 900 ‰ 35 mm 1855-1859
100 francs tête laurée 32,26 g 900 ‰ 35 mm 1862-1870

Tête nue ou tête laurée, laquelle choisir ?

Si l’objectif est de détenir de l’or, la question ne se pose pas vraiment : à dénomination égale les deux se valent au gramme près, et le choix se fait sur ce qui est disponible au moment de la commande dans notre rayon or. Le 5 francs reste le plus petit format d’or français, celui qui permet d’entrer avec un budget réduit et de céder par petites quantités plus tard. Le 100 francs est à l’autre bout, avec ses 32,26 grammes, et il concentre la valeur dans une seule pièce. Si c’est cette concentration que vous cherchez, la comparaison vaut d’être poussée du côté des barres, et nous l’avons détaillée dans quel lingot d’or acheter.

Si l’objectif est de constituer une série, la tête nue offre des fenêtres de frappe plus courtes, donc moins de millésimes à réunir mais aussi moins d’occasions de les trouver. La tête laurée court sur sept à neuf années selon la dénomination. Et si vous en êtes à votre premier achat, notre guide de l’achat d’or physique reprend les critères depuis le début.

Dans les deux cas, ces pièces relèvent de l’or d’investissement et se commandent au cours du jour, avec une facture nominative détaillée qui servira le jour de la cession. Nous livrons en France et dans l’Union européenne, sous assurance et par transporteur spécialisé.

Questions fréquentes

Un Napoléon III daté 1861 existe-t-il ?
Oui, mais uniquement en essai. Aucune frappe de circulation ne porte ce millésime, et le 50 francs n’a même pas d’essai daté 1861.

La tête laurée vaut-elle plus que la tête nue ?
Pas pour le métal. À dénomination égale, le poids brut et le titre sont identiques. La différence porte sur le type, la rareté relative et le goût.

Comment savoir si mon 5 francs est tête nue ou tête laurée ?
Un module de 14,4 millimètres est nécessairement tête nue. À 16,7 ou 17 millimètres, il faut regarder le portrait.

Un 100 francs or français postérieur à 1870 peut-il être un Napoléon ?
Non. La dénomination reparaît en 1878 sous la Troisième République, avec le 100 francs Génie.

Quelle est la plus petite pièce d’or de Napoléon III ?
Le 5 francs, 1,61 gramme au titre de 900 millièmes, pour 14,4 à 17 millimètres selon le type.

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