Combien valent les francs en argent ? Semeuse, Hercule, Turin, 100 Francs

Beaucoup de foyers français conservent quelques pièces en argent sans trop savoir ce qu’elles représentent. Une Semeuse trouvée dans un tiroir, un Hercule hérité d’un grand-père, une commémorative de cent francs achetée à la Poste dans les années quatre-vingt-dix. Ces pièces ont toutes un point commun : elles contiennent de l’argent métal, et cet argent a une valeur qui se calcule. Voici comment reconnaître les principales séries françaises, ce qui détermine leur prix, et ce que vous pouvez en faire selon que vous souhaitez en acheter ou vous séparer des vôtres. Reconnaître sa pièce La France a frappé des pièces de circulation en argent jusqu’en 1980, puis des commémoratives jusqu’au passage à l’euro. Quatre familles couvrent l’essentiel de ce qui circule aujourd’hui sur le marché du métal. Pour identifier la vôtre, deux informations suffisent presque toujours : la valeur faciale inscrite sur la pièce, et le diamètre mesuré à la règle. La Semeuse de 5 francs Frappée de 1959 à 1969, la 5 Francs Semeuse est la plus répandue des pièces d’argent françaises. Elle pèse 12 grammes au titre de 835 millièmes, pour un diamètre de 29 millimètres. Le motif d’Oscar Roty, cette semeuse marchant face au vent, est le même que celui repris plus tard sur les pièces en euro. C’est souvent la première pièce d’argent qu’on rencontre, et sa très grande diffusion explique qu’elle se négocie au plus près de la valeur de son métal. Un point est à vérifier avant tout le reste, et c’est la confusion la plus fréquente sur cette pièce : seuls les millésimes de 1959 à 1969 contiennent de l’argent. À partir de 1970 et jusqu’en 2001, la Semeuse a continué d’être frappée avec exactement le même dessin, mais en nickel. Ces pièces-là n’ont aucune valeur métal. Le dessin ne dit rien, c’est le millésime qui tranche. Les Hercule de 10 et 50 francs Le groupe d’Hercule d’Augustin Dupré, deux figures encadrant un personnage central, orne deux pièces bien distinctes. La 10 Francs Hercule, frappée de 1964 à 1973, pèse 25 grammes au titre de 900 millièmes pour 37 millimètres de diamètre. La 50 Francs Hercule, frappée de 1974 à 1980, est nettement plus imposante : 30 grammes au même titre de 900 millièmes, pour 41 millimètres. Cette dernière est la plus grosse pièce d’argent de circulation que la France ait produite au vingtième siècle, et c’est celle qui revient le plus souvent dans les recherches. Les deux se distinguent au premier coup d’œil par la taille, et sans hésitation possible par la valeur faciale. Ici le millésime pose moins de pièges que sur la Semeuse : la pièce de dix francs a changé de dessin après 1973, et celle de cinquante francs n’a plus été frappée après 1980. Un Hercule est donc un Hercule, et il contient de l’argent. Les Turin de 10 et 20 francs Dessinées par Pierre Turin et frappées de 1929 à 1939, ces deux pièces se reconnaissent à leur tête de femme casquée d’épis. La 10 Francs Turin pèse 10 grammes pour 28 millimètres, la 20 Francs Turin pèse 20 grammes pour 35 millimètres. Toutes deux titrent 680 millièmes, un alliage sensiblement moins riche que celui des Hercule. C’est un point que beaucoup ignorent : à poids égal, une Turin contient nettement moins d’argent qu’une Semeuse ou qu’un Hercule, et se négocie donc à un prix plus bas. Ici aussi l’effigie a survécu au métal, et il faut le savoir avant de se réjouir. Seuls les millésimes de 1929 à 1939 sont en argent. Le 10 Francs Turin a été refrappé après la guerre en cupronickel, de 1945 à 1947 puis de 1947 à 1949, avec le même visage casqué et aucune valeur métal. Les 100 francs en argent Après l’arrêt des pièces d’argent de circulation, la Monnaie de Paris a continué de frapper des 100 Francs en argent de 1982 à 2001, d’abord au type Panthéon puis sous forme de très nombreuses commémoratives. Elles pèsent 15 grammes au titre de 900 millièmes, pour 31 millimètres de diamètre. Ce sont ces pièces que l’on retrouve le plus souvent dans les coffrets offerts ou achetés à l’époque, parfois encore sous blister. Ce qui fait la valeur d’une pièce en argent Le prix d’une pièce d’argent courante se construit sur une base simple : la quantité d’argent qu’elle contient, multipliée par le cours du moment. Cette quantité découle de deux chiffres inscrits dans les caractéristiques de la pièce, son poids brut et son titre en millièmes. Une 50 Francs Hercule de 30 grammes au titre de 900 millièmes contient bien plus de métal qu’une 10 Francs Turin de 10 grammes au titre de 680 millièmes, et cet écart explique à lui seul l’essentiel de la différence de prix entre les deux. Le cours de l’argent, lui, évolue en continu sur les marchés internationaux. Vous pouvez le suivre sur notre page cours de l’or et de l’argent. Une pièce qui valait un certain montant il y a six mois peut en valoir sensiblement plus ou moins aujourd’hui sans que la pièce ait changé : c’est le métal qui a bougé. Au-delà du métal, deux éléments modulent le prix à la marge. L’état de conservation d’abord : une pièce très usée, rayée ou nettoyée abusivement perd de son attrait, sans jamais tomber sous la valeur de son argent. Le millésime ensuite : certaines années ont été frappées en quantités plus faibles que d’autres, ce qui peut susciter un intérêt supplémentaire de la part des collectionneurs. Il faut cependant rester mesuré sur ce point. Pour l’immense majorité des Semeuse, des Hercule et des cent francs commémoratives, ces pièces ont été produites en très grand nombre, et c’est bien le métal qui détermine le prix. Se convaincre du contraire est la source de déception la plus fréquente chez ceux qui font estimer une collection familiale. Acheter des francs en argent Les francs en argent constituent une porte d’entrée accessible vers le métal physique. Une pièce se paie quelques dizaines d’euros selon le format et le cours, ce qui permet de commencer sans engager